• Laura

La marche, la respiration et les émotions


Quel rapport entre la marche, la respiration et les émotions?

A priori, aucun.

Et pourtant...

Marcher, c'est aussi naturel que de respirer. Pas besoin de réfléchir, respirer c'est automatique et marcher c'est évident. Sauf pour les personnes qui ont un problème de santé qui les en empêche, tout le monde marche et respire sans y penser.

Justement, sans y penser.

Et si on y pensait?

Ou plutôt, si on en prenait conscience?

Marcher en décidant de le faire consciemment est une autre histoire. Tout comme respirer. C'est simple, c'est évident.

Alors, se mettre à marcher en prenant conscience qu'on marche, ça fait bizarre. Se mettre à respirer en prenant conscience que notre corps absorbe et rejette de l'air, ça fait bizarre aussi. On n'a pas l'habitude. La plupart des personnes qui vont marcher un peu passent une grande partie de leur temps, voire tout le temps, à penser à leurs affaires personnelles, les courses à faire, les enfants, les amis, les sorties, le travail, les problèmes, etc.

Mais faire ce simple geste de retournement de notre attention vers le corps et ses mouvements, c'est un changement d'attitude très simple, mais radical.

Je ne suis pas en train de dire que la marche c'est le secret des secrets, ni que la manière de respirer c'est ce qui va tout résoudre dans notre vie. Par contre, ce petit mouvement de notre attention qui se retourne vers ces deux choses toutes simples, peut avoir un impact énorme.

Lorsque l'on se retrouve dans la nature (en ville ça marche aussi, même si la pollution et le bruit ne sont pas l'idéal, mais ça le fait), que le corps se met en mouvement, que la respiration se synchronise avec les pas, un processus de détente se met en place de lui-même. Petit à petit, le fait de maintenir l'attention sur cette synchronisation, fait que, sans s'en rendre compte, un silence tranquille s'installe. Un silence pas compliqué, tout simple. Une détente.

Le corps se redresse de lui-même également, sans même qu'on ait besoin de le faire volontairement, il trouve sa posture, celle qui lui va. Pas besoin de se dite "il faut que je me tienne droit, que je redresse les épaules", etc. Au fur et à mesure du déroulement de la marche, le corps devient tonique, dynamique, il trouve son rythme, la vitalité augmente.

C'est un paradoxe qui peut surprendre, ce fait d'expérimenter intérieurement un silence tranquille, un esprit en éveil et des sensations physiques très dynamiques.


On n'a rien d'autre à faire qu'à porter l'attention sur cette synchronisation. Rien d'autre.

Et alors, petit à petit, dans cette attention à soi toute simple, dans cette détente et le silence intérieur en même temps que la tonicité du corps, un espace d'accueil se révèle en nous.

Et, dans cet espace, il peut arriver, et il arrive fréquemment, qu'un souvenir émerge et l'émotion associée à ce souvenir se manifeste. L'espace qui a été fait a permis à quelque chose qui était bloqué de se libérer. Les gens font rarement le lien entre le bien-être qui est là et une émotion qui arrive. C'est tout simplement que, dans cet état de bien-être, c'est comme si on faisait tomber les barrières qui empêchaient cette émotion de se manifester et de se libérer.

C'est là qu'il est important d'être à l'écoute de ce qui se manifeste et de ne pas le rejeter ni le nier. C'est là qu'il est important de l'accueillir avec autant d'ouverture qu'on a accueilli la détente auparavant. Et dans ce même accueil, ce qui était là, nous sabotant en arrière-plan, peut être regardé, observé, digéré et libéré tout en douceur. Pas besoin de grandes manifestations émotionnelles, ni d'expressions fracassantes et bruyantes. Le simple accueil des sensations liées à l'émotion est suffisant. Cela n'a rien de magique mais ça peut être véritablement miraculeux.

Et, lorsque cela se produit dans la nature, c'est juste merveilleux. L'environnement naturel est porteur, guérisseur, réparateur. Une fois l'émotion libérée, s'asseoir un peu ou continuer à marcher tout en restant présent à cet état d'apaisement et de légèreté permet d'amplifier le contact avec notre véritable nature. La nature extérieure est le miroir de notre nature intérieure.


Marcher pour marcher, c'est déjà bien.

Respirer pour respirer, c'est vital.

Etre dans la nature, c'est bénéfique, c'est sûr.

Mais faire ces choses l'esprit en éveil, c'est se faire un merveilleux cadeau pour nous aider à libérer les blocages qui nous pourrissent la vie.


Bienvenue dans le présent pur.